J'écoute : Le Quatuor de Debussy par le Quatuor Alban Berg
Je regarde : l'avenir
Je lis : Condition de l'homme moderne de Hannah Arendt
Je joue : Chopin
Je mange : Des pâtes au basilic
Je bois : de l'eau, du thé et encore de l'eau
Je cite : "On n'a jamais fini d'apprendre" (R. Schumann)
Je pense : à mon prochain déménagement
Je rêve : sans cesse
(mis à jour dimanche 17 août 2008 à 03:05)

25/07/2006

25/07/06 - 20:16

La pensée existentielle du mardi soir

Plus le temps passe, et plus je me dis qu'il vaut mieux ne pas être trop beau...



...car c'est manifestement difficile à entretenir, la beauté...

21/07/2006

12/07/2006

12/07/06 - 02:09

Polémique

J'ai toujours eu horreur des polémiques de tout poil...



...mais je dois avouer que cette photo est particulièrement jouissive !

08/07/2006

08/07/06 - 05:20

Poème de l'Amour et de la Mer

La fleur des eaux

L'air est plein d'une odeur exquise de lilas,
Qui, fleurissant du haut des murs jusques en bas,
Embaument les cheveux des femmes.
La mer au grand soleil va toute s'embraser,
Et sur le sable fin qu'elles viennent baiser
Roulent d'éblouissantes lames.
O ciel qui de ses yeux dois porter la couleur,
Brise qui va chanter dans les lilas en fleur
Pour en sortir tout embaumée,
Ruisseaux, qui mouillerez sa robe,
O verts sentiers,
Vous qui tressaillerez sous ses chers petits pieds,
Faites-moi voir ma bien-aimée!
Et mon cœur s'est levé par ce matin d'été;
Car une belle enfant était sur le rivage,
Laissant errer sur moi des yeux pleins de clarté,
Et qui me souriait d'un air tendre et sauvage.
Toi que transfiguraient la Jeunesse et l'Amour,
Tu m'apparus alors comme l'âme des choses;
Mon cœur vola vers toi, tu le pris sans retour,
Et du ciel entr'ouvert pleuvaient sur nous des roses.
Quel son lamentable et sauvage
Va sonner l'heure de l'adieu!
La mer roule sur le rivage,
Moqueuse, et se souciant peu
Que ce soit l'heure de l'adieu.
Des oiseaux passent, l'aile ouverte,
Sur l'abîme presque joyeux;
Au grand soleil la mer est verte,
Et je saigne, silencieux,
En regardant briller les cieux.
Je saigne en regardant ma vie
Qui va s'éloigner sur les flots;
Mon âme unique m'est ravie
Et la sombre clameur des flots
Couvre le bruit de mes sanglots.
Qui sait si cette mer cruelle
La ramènera vers mon cœur?
Mes regards sont fixés sur elle;
La mer chante, et le vent moqueur
Raille l'angoisse de mon cœur.

La mort de l'amour

Bientôt l'île bleue et joyeuse
Parmi les rocs m'apparaîtra;
L'île sur l'eau silencieuse
Comme un nénuphar flottera.
A travers la mer d'améthyste
Doucement glisse le bateau,
Et je serai joyeux et triste
De tant me souvenir bientôt!
Le vent roulait les feuilles mortes;
Mes pensées
Roulaient comme des feuilles mortes,
Dans la nuit.
Jamais si doucement au ciel noir n'avaient lui
Les mille roses d'or d'où tombent les rosées!
Une danse effrayante, et les feuilles froissées,
Et qui rendaient un son métallique, valsaient,
Semblaient gémir sous les étoiles, et disaient
L'inexprimable horreur des amours trépassés.
Les grands hêtres d'argent que la lune baisait
Etaient des spectres: moi, tout mon sang se glaçait
En voyant mon aimée étrangement sourire.
Comme des fronts de morts nos fronts avaient pâli,
Et, muet, me penchant vers elle, je pus lire
Ce mot fatal écrit dans ses grands yeux: l'oubli.
Le temps des lilas et le temps des roses
Ne reviendra plus à ce printemps-ci;
Le temps des lilas et le temps des roses
Est passé, le temps des œillets aussi.
Le vent a changé, les cieux sont moroses,
Et nous n'irons plus courir, et cueillir
Les lilas en fleur et les belles roses;
Le printemps est triste et ne peut fleurir.
Oh! joyeux et doux printemps de l'année,
Qui vins, l'an passé, nous ensoleiller,
Notre fleur d'amour est si bien fanée,
Las! que ton baiser ne peut l'éveiller!
Et toi, que fais-tu? pas de fleurs écloses,
Point de gai soleil ni d'ombrages frais;
Le temps des lilas et le temps des roses
Avec notre amour est mort à jamais.

Maurice Bouchor

08/06/2006

08/06/06 - 02:37

D'ailleurs...

Voici un portrait de la compositrice, très belle...



... et de l'interprète, qui non seulement chante magnifiquement mais est aussi très beau, je trouve :



Saurez-vous deviner son nom ?

08/06/06 - 02:29

Clara

Clara Schumann est restée dans l’ombre de son talentueux mari ; elle a pourtant composé des pièces remarquables. Ce Chant populaire (Volkslied), par exemple, à écouter jusqu’à la fin où une surprise harmonique fera les délices des connaisseurs et non-connaisseurs…

[www]

Il gela une nuit au printemps,
Le froid tomba sur les tendres myosotis,
Elles sont maintenant fanées, brûlées.

Un jeune homme aimait une jeune fille,
Ils fuirent tous deux en secret,
Sans que le père ni la mère ne le sachent.

Ils cheminèrent par monts et par vaux,
Ils n’eurent ni chance ni bonne étoile,
Ils périrent, moururent.

Heinrich Heine (attribué à)

Désolé pour ma traduction "maison" de l’allemand. Ce texte a également été mis en musique par Robert… A suivre.

13/05/2006

13/05/06 - 04:22

Recette musicale

Comme je n'arrive pas à dormir, je m'en vais vous embêter un tantinet avec mes considérations à trois sous.

Hier, sur la ligne 12 du métro, la sonnerie de fermeture des portes était déglinguée, si bien qu'au lieu du sempiternel mi, on entendait :



Je me suis dit qu'avec une basse ré, ça fait un bel accord de neuvième :



Ajoutez-y un do, et l'on se pâme :



Si par hasard vous disposez d'un clavier, je vous conseille d'essayer... Moi je l'aime bien, cet accord... Qu'en dites-vous ?

Comme quoi, la RATP peut parfois être très inspirée (en lui donnant un petit coup de pouce) !

09/05/2006

09/05/06 - 04:11

Ambiance...


Johannesburg (Hillbrow).

30/04/2006

30/04/06 - 04:50

Götterdämmerung



Six heures (entractes comprises, je précise au cas où). Affirmation nullement dépréciative, loin s’en faut… C’est juste que l’on ne voit pas des œuvres de cette longueur-là tous les jours, même à l’opéra.
Faute d’avoir pu voir le Ring à Paris, j’ai vu la dernière journée à Londres. Ce fut également ma première « Wagner experience » en face. Je n’ai jamais été fan du compositeur, mais je dois avouer que ça a de la gueule, surtout lorsqu’on est immergé si longtemps dans l’univers sinistre du Crépuscule. Une intelligence dramatique impressionnante, un orchestre très (trop ?) fourni, un livret qui tient la route (contrairement à Tristan), même si Herr Richard a parfois tendance a faire une tartine pour un simple détail… Qu’importe, c’est quand même quelque chose, ne serait-ce que par la puissance du discours et la complexité du tissu musical (langage harmonique, enchevêtrement des leitmotifs).



Les chanteurs étaient tous anglais, à l’exception du rôle de Waltraute, chanté – magistralement – par Mihoko Fujimura (elle figure aussi dans le Ring de Paris). Point d’Allemand donc, mais l’ensemble fut somptueux, à l’exception peut-être du Siegfried de John Treleaven, un peu limite au deuxième acte. Le Hagen de JohnTomlinson, en particulier, est un summum de cynisme et de perfidie. Lisa Gasteen, la Brünnhilde d’outre-manche, a elle aussi assuré (pour le moins) même si son physique ne tournait pas à son avantage (m’enfin bon, Brünnhilde et taille de guêpe sont des notions incompatibles). Bref, l’école de chant britannique a une fois de plus fait ses preuves.



Antonio Pappano à la baguette, très investi, ne put cependant pas empêcher certaines imprécisions dans un orchestre qui peut se montrer somptueux. Dans l’ensemble, ce fut néanmoins tout à fait honorable.
Reste la mise en scène de Keith Warner, que les journaux londoniens se sont plu à descendre. Même si certains détails restent obscurs (la tête de cheval mort pour Grane, notamment), bien souvent je l’ai trouvée extrêmement convaincante, notamment dans tous les effets de lumière et de stroboscopie. À ce titre, le voyage de Siegfried sur le Rhin ou encore le début du troisième acte furent de vrais enchantements. Dans un autre registre, la marche funèbre pou la mort de Siegfried aussi. Cela étant, le feu d’artifice final aurait pu être plus impressionnant ; c’est la récompense suprême pour ceux qui étaient là les trois jours d’avant !



Ce qui m’a le plus frappé, néanmoins, c’est le changement que Wagner induit dans le rapport du spectateur à la scène. L’oeuvre est si longue (on commence à 16h pour finir après 22h) que les impératifs de la vie quotidienne s’invitent à la soirée aussi. Du genre, à l’entracte, on ne se contente plus de prendre un verre, mais on amène son repas et on pique-nique (carrément !), assis dans les escaliers de velours, avec force club-sandwichs et bouteilles de vin. Ou alors, au deuxième acte, on n’applaudit que chichement, car on ne pense qu’à aller se précipiter… aux toilettes ! Des témoignages de l’époque de Wagner faisaient déjà état de telles choses.
Au-delà de tout ça, je pense que c’est une expérience à vivre, au moins une fois dans sa vie, car Wagner ne ressemble à personne d’autre. Je ne suis pas fan, mais je comprends aisément qu’on puisse l’être voire même qu’on puisse en faire une religion – ce qui peut en partie expliquer l’hideux détournement fait par les nazis.
Et puis, s’il n’y avait pas eu Wagner, il n’y aurait pas Pelléas… et que serait l’opéra sans Pelléas, je vous le demande un peu ? Au Monsieur qui n’aimait pas Mendelssohn, qui a volé la femme de Hans von Bülow, qui adorait les « Johohohe », « Hojotoho » et autres « Walalaweia » et qui se croyait incroyablement supérieur, bravo.

18/04/2006

18/04/06 - 04:38

Cet homme est extraordinaire :



Et celui-là aussi :



Savoir jouer ainsi entre le rire et les larmes relève du miracle. Pauvre petite grenouille... ce que l'on peut être cruel !

18/04/06 - 04:33

Pauvre petite Platée...



Puisses-tu trouver un jour l'âme soeur...

22/02/2006

22/02/06 - 07:51

Et plus précisément ça :

[www]

Repos béni, félicité de l'âme,
Ce n'est point dans les péchés de l'enfer
Que l'on te trouvera, mais dans l'harmonie céleste ;
Toi seul peut affermir un coeur fébrile.
Repos béni, félicité de l'âme,
Que tous les dons de la vertu
Trouvent demeure en mon sein.

Tant de beauté se passe de commentaires... mais les votres sont les bienvenus.

22/02/06 - 07:41

En larmes...

A cause de ça :



19/02/2006

19/02/06 - 07:00

La question existentielle du dimanche matin



Que vais-je faire cet été ?

Parce que si je rentre au pays, je vais attraper le chikungunia.



Et si je reste ici, je vais choper la grippe aviaire (et même avant l'été).



(Bon sang qu'il est moche ce virus !)

Alors, où aller ? Sur Mars ? Au fond, pourquoi pas, mais j'ai pas les moyens... Et puis, ça a pas l'air franchement marrant.



Moi, je vous le dis : on est mal barrés... Surtout avec les pouvoirs publics qui attendent qu'il y ait des morts pour daigner prêter une oreille un tant soit peu attentive à la situation. Las !

19/02/06 - 03:45

Précision



Pour ceux qui n'ont jamais mis le pied à Bruxelles, et partant n'ont jamais pris le métro là-bas, voici une chose qu'il est bon de savoir pour éviter une prise de tête : les lumières sur les tableaux d'affichage indiquent la position des trains sur la ligne et non les gares desservies...
Je dis ça, car je me suis demandé pendant un bon quart d'heure pourquoi les gares desservies changeaient dès que le train entrait en gare... Allez-y, moquez-vous ! Je voudrais vous y voir, moi... Cela étant, une fois qu'on le sait, c'est pas con, comme système : inutile de s'embarasser avec des affichages d'horaires à rallonge...

17/02/2006

17/02/06 - 00:19

Apologie de la Belgique (pour ce que j'en connais)

On m'a tellement dit du mal de Bruxelles, que cette ville était laide à faire peur, qu'il n'avait rien à y voir... Autant d'a prioris complètement injustifiés qu'il convient de détruire, même sur le maigre aperçu qu'offre un séjour de deux jours.

Sans doute, on ne peut pas dire que l'homogénéité architecturale soit exemplaire, mais la soi disant "bruxellisation" a, je trouve, pas mal de charme (si, si !), et confère à la ville un côté inattendu et sans doute déroutant pour le premier venu... Mais ne faut-il pas essayer d'accepter l'autre comme il est ? J'en conviens, il est vrai que la place de la cathédrale est unique pour le côtoiement de styles qu'elle offre (allez voir, c'est assez incroyable) :



Le Palais des Beaux-Arts est lui aussi assez étrange, surtout à l'intérieur. Rien d'équivalent à Paris. Mais pas déplaisant, loin s'en faut :



Et puis, les gens... Une telle politesse, une telle bonne humeur, une telle gentillesse. On devrait en prendre de la graine, nous autres Français, râleurs professionnels, au lieu de les tourner en dérision à longueur de temps... Et côté musique, des pointures : Herreweghe bien sûr, mais aussi Jos van Immerseel, les frères Kuijken, José Van Dam et j'en passe...

Et le Cécémel (excusez le changement de registre) ! AAAAAAH ! Ca devrait être interdit de faire des trucs si bons...

L'atomium est tout pimpant ; il réouvre samedi ! Ruez-vous, ça vaut carrément le coup. Il clignote, en plus ! Garanti inoxidable !


Et pour finir, les Belges, y sont beaux ! Ouiouiouiouiouioui ! Moi, chuis fan ! Amis belges, manifestez-vous ;) !!!

16/02/2006

16/02/06 - 23:43

Extatique



Bruxelles, Palais des Beaux-Arts, mardi 14 février, 20 h : concert de Philippe Herreweghe à la tête du Collegium Vocale et de l'Orchestre des Champs-Elysées. Au programme, toutes les oeuvres chorales de Schumann et de Brahms que j'adore :

Johannes Brahms : Gesang der Parzen, op. 89, Rapsodie pour alto, chœur d'hommes et orchestre, op. 53, Nänie, op. 82
Robert Schumann : Symphonie n° 4, op. 120, Requiem für Mignon, op. 98b

Ce fut... extatique. Une telle fusion des timbres relève presque du miracle. Une telle justesse dans les choeurs, une telle diction également... D'un bout à l'autre, ce fut splendide. Philippe Herreweghe fait partie de ces rares chefs qui sont aussi bons au disque qu'en live. D'aucuns critiqueront sa manière de diriger, mais du moment que ça fonctionne, où est le problème ? Et Marianne Beate-Kielland, non contente de chanter divinement, est très belle et portait une robe magnifique...

06/02/2006

06/02/06 - 22:48

Petit crève-coeur

Pour ceux qui on besoin de pleurer un bon coup pour évacuer les douleurs et autres affres de l'existence, je propose ceci :

[www]

Enfin, tout cela est tellement subjectif... Mais disons que cet extrait du Tamerlan de Haendel m'a toujours tiré des larmes. Et puis les personnages ne rigolent pas... Asteria et Andronicus, au comble du désespoir, s'accrochent à tout ce qui leur reste : leur amour. Le génie de Haendel, c'est d'avoir su faire des tragédies de grands monarques et chevaliers des drames humains universels. Georg Friedrich, merci.

18/01/2006

18/01/06 - 02:35

Après le son, l'image (associée au post précédent)



Quand je vous disais que c'était pas gai !

18/01/06 - 02:26

op. 107 n°1 (1851)

Un petit cadeau pour ceux qui aiment aussi Schumann (et apparemment y'en a ;)):

[www]

Oui, c'est pas gai... et un tant soit peu torturé. C'est précisément ce qui me plaît...
Que ceux qui n'aiment pas se rassurent : c'est pas tout le temps comme ça !